Gérer les crédits clients sans perdre d’argent

Vendre à crédit fidélise les clients du quartier, mais un crédit mal noté est un crédit à moitié perdu. Voici une méthode simple pour savoir à tout moment qui vous doit combien, encaisser les remboursements par morceaux et relancer sans abîmer la relation.

Publié le par l’équipe MonCarnet.

Noter chaque crédit complètement

Un crédit n’est utile que si, trois semaines plus tard, vous et votre client lisez la même chose. Pour chaque crédit, notez :

Qui

Le nom du client et son numéro de téléphone. Deux « Fatou » dans le même quartier, c’est fréquent ; le numéro les distingue et permet de relancer.

Combien, et pour quoi

Le montant, et ce qui a été pris : « riz 25 kg et huile ». En cas de désaccord, la liste des articles règle la question mieux qu’un chiffre seul.

Quand

La date du crédit. C’est elle qui dit depuis combien de temps l’argent dort chez le client.

Notez le crédit au moment où le client part, pas le soir de mémoire. La plupart des crédits perdus sont des crédits qu’on a oublié d’écrire.

Suivre les remboursements partiels

Les clients remboursent rarement en une fois. Chaque remboursement s’écrit avec sa date et son montant, puis on recalcule le reste dû :

Reste dû = total des crédits − total des remboursements

Ne rayez jamais un ancien crédit pour en écrire un nouveau : gardez l’historique ligne après ligne. C’est lui qui permet de répondre calmement à « Je t’ai déjà payé ».

Un exemple sur un mois

Fatou Bamba, 07 XX XX XX XX

Octobre

Fatou Bamba, 07 XX XX XX XX — Octobre. Exemple chiffré. 17 000 F pris à crédit, 8 000 F remboursés en deux fois : il reste 9 000 F.
DateOpérationMontant
3 oct.Riz 25 kg et huilepris à crédit15 000 FCFA
10 oct.Remboursementen espèces− 5 000 FCFA
14 oct.Savon et sucrepris à crédit2 000 FCFA
17 oct.Remboursementpar Wave− 3 000 FCFA
Fatou Bamba vous doit encore9 000 FCFA
Exemple chiffré. 17 000 F pris à crédit, 8 000 F remboursés en deux fois : il reste 9 000 F.

En une ligne de calcul, vous savez où en est Fatou, et elle peut le vérifier avec vous. Si elle demande un nouveau crédit, vous décidez en connaissant le reste dû, pas au hasard.

Relancer sans fâcher le client

  • Relancez tôt et régulièrement. Un rappel après une semaine passe mieux qu’une réclamation après trois mois.
  • Donnez le chiffre exact. « Il reste 9 000 F depuis le 3 octobre » est plus juste et moins gênant que « tu me dois de l’argent ».
  • Restez discret. Un message privé, plutôt qu’une remarque devant les autres clients.
  • Proposez un échéancier. 3 000 F par semaine remboursés vaut mieux que 9 000 F jamais payés.
  • Notez la promesse. Si le client promet de payer samedi, écrivez-le, et relancez dimanche.

Prévenir les oublis et les impayés

  • Fixez-vous un plafond par client, selon ce que vous connaissez de lui, et tenez-vous-y.
  • Pas de nouveau crédit tant que l’ancien traîne, sauf décision consciente de votre part.
  • Faites le point chaque semaine : la liste de ceux qui doivent, et depuis quand.
  • Comptez le crédit dans vos chiffres. Une vente à crédit est une vente, mais l’argent n’est pas encore dans la caisse : voyez comment calculer le bénéfice.

Aucune méthode ne garantit qu’un client remboursera. Une méthode réduit seulement les oublis, les désaccords et les crédits qui durent sans que personne ne s’en aperçoive.

Aller plus loin

Sachez qui vous doit combien

La fiche de chaque client, le reste dû à jour, la relance en un message. Gratuit pour commencer.